Publié le 29/06/2017 à 19:45 / Isabelle Doucet

Tourisme

C'est promis, le train touristique de La Mure reprendra du service en 2020, avec l'appui conséquent du Département. Considéré comme une des locomotives économiques du plateau matheysin, il draine de nombreuses activités. Les acteurs du tourisme respirent.

Le train de La Mure aux Grand Balcon.(photo CD)

Après dix années d'espoirs sans cesse douchés, le train touristique de La Mure voit son horizon se déboucher. En tous les cas pour sa partie haute, c'est-à-dire entre La Mure et le Grand Balcon, soit un parcours de 15 km en amont de l'éboulement de la Clapisse, qui avait mis un coup d'ârrêt, en 2010, à l'exploitation touristique de la ligne.

Il devrait reprendre du service à l'été 2020.

C'est finalement le Conseil départemental qui a débloqué le dossier en acceptant de s'engager à hauteur de 15,7 millions d'euros pour la remise en route du train. Le montant total du projet s'élève à 26 millions d'euros. La commuanuté de communes de la Matheysine et la Région participeront chacune à hauteur de deux millions d'euros.

DSP de 30 ans

D'appels à projet en DSP, le train de La Mure n'était jamais parvenu à trouver un exploitant qui se montre à la hauteur du projet.

Il n'était pourtant pas question de remettre en état l'intégralité de la ligne. En effet, l'éboulement au niveau de La Clapisse est si conséquent qu'il faudrait envisager des travaux pharaoniques pour joindre les deux sections.

Alors le Département a changé de méthode pour rendre le dossier plus attractif en lançant une procédure négociée.

Trois candidats se sont positionnés : Kleber Rossillon, Transdev et le canadien SNC Lavalin, devenu Edeis après son rachat par une société française.

C'est Edeis qui a retenu la préférence de la commission consultative en apportant six millions d'euros pour un projet qui ressemble fort à celui que ce même SNC Lavalin avait déjà présenté en 2012, avant de renoncer.

Il faut croire que les conditions ont changé : d'abord la DSP court sur 30 ans, ce qui permet à l'exploitant d'envisager un retour sur investissement. Et surtout, l'effort du Conseil départemental est des plus significatifs.

Un restaurant belvédère

Le projet comprend la remise en route du petit train alimenté par l'électricité (c'est un des premiers au monde ayant fonctionné avec cette énergie déjà fournie par l'hydoélectricité lors de sa création en 1888). La ligne sera exploitée d'avril à octobre à raison, de 9 aller-retours par jour, sur un parcours allant de La Mure au Grand Balcon. Le train s'arrêtera de nouveau à La Mine Image.

Les partenaires s'engagent à construire une nouvelle gare à La Mure, avec un musée sur l'histoire du train, de même que la création d'un restaurant panoramique et d'un belvédère au Grand Balcon donnant sur le lac du Monteynard. L'objectif à 5 ans est d'attirer 120 000 visiteurs par saison. Avant  son arrêt, le train transportait en moyenne 70 000 voyageurs.

 

Un panorama à redécouvrir en 2020.

 

« Après l'éboulement, en 2010, les conséquences économiques ont été catastrophiques, rappelle Joël Pontier, le président d ela communauté de communes de la Matheysine. Le musée de la Mine image, les hébergeurs, les restaurateurs, le bateau La Mira, les autocaristes ont enregistré une baisse de 80% de leur chiffre d'affaires. »

On comprend pourquoi le train est « un projet touristique de permier plan ». Les élus, comme le comité de soutien, on fini par être écoutés, à force de solliciter l'exécutif départemental. « Ici tout est prétexte au petit train », a souligné le président du Département Jean-Piere Barbier.

« Quand tout s'est effondré...»

Le chantier débutera en juillet 2017 par la remise en service du matériel roulant, puis au printemps 2018, des travaux seront engagés sur les ouvrages d’arts. La réfection des voies et la construction de la nouvelle gare de La Mure seront lancées au printemps 2019. L'aménagement du Belvédère aura lieu à l'été 2019 et le printemps 2020 sera dédié aux tests avant la mise en fonctionnement à l'été 2020.

 

L'éboulement de La Clapisse du 26 octobre 2010.

 

« Il y a eu un élan de solidarité exceptionnel », explique Paolo Fontebasso, directeur d'exploitaiton et fils de mineur. Il fait partie de l'association des amis du Petit train de la Mure, aussi en charge du musée de la Mine Image. En janvier 2017, l'établissement était au plus mal financièrement et a été sauvé par la communauté de communes. « On ne savait pas si on allait rouvrir. En 2010, quand tout tout s'est effondré, la Mine Image s'est effondrée aussi. L'annonce de la relance du petit train ne peut être que porteuse d'espoir.»

Isabelle Doucet

 

Mots clés : MATHEYSINE JEAN PIERRE BARBIER CONSEIL DEPARTEMENTAL TRAIN LA MURE MINE IMAGE GRAND BALCON
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