Publié le 10/10/2017 à 12:25 / Marianne Boileve

Agenda

Cinquantenaire oblige, la septième édition de la Descente des alpages de Grenoble prend cette année un tour olympique. Une belle vitrine pour les éleveurs alpagistes.

Le 14 octobre, les vaches descendent de leur montagne pour interpeler le public de Grenoble (Crédit photo Jean-Louis/Camara).

Cette année, la Descente des alpages de Grenoble entre dans l'âge de raison. L'occasion de jouer la carte de la déraison pour Chris Moiroud et Bernard Mure-Ravaud, les deux complices qui ont lancé l'événement il y a sept ans et le coordonnent depuis : le patron de la fromagerie des Alpages, sacré champion du monde et meilleur ouvrier de France en 2007, adore ça. Mais comment faire plus fou que d'habitude ? En raccrochant l'événement pastoral au cinquantième anniversaire des JO de grenoble, pardi ! Samedi 14 octobre, les reines des alpages vont donc descendre des cinq massifs isérois (Belledonne, Oisans, Matheysine, Vercors et Chartreuse, un par anneau olympique...) pour se faire admirer rue de Strasbourg et sur les places Victor-Hugo, Grenette, Saint-André, Notre-Dame et Sainte-Claire. Histoire de rappeler aux Grenoblois qu'une grande part des produits qu'ils apprécient sur leur table proviennent des montagnes qui les entourent.

Les hérens sur la place de Metz, à Grenoble. Le président Moiroud menant son herens dans un jardin de Grenoble.

A l'origine du projet, il y a un défi, lancé par Chris Moiroud à Bernard Mure-Ravaud. Le premier, ophtalmologiste grenoblois passionné de race hérens et propriétaire de quelques bêtes, dit un jour en substance au second : « Ta fromagerie, elle est très bien, mais ce qui manque, c'est une vache. » Il n'en fallait guère plus pour faire germer une idée folle dans l'esprit du fromager : celle d'organiser une descente d'alpage devant sa boutique, rue de Strasbourg, en plein Grenoble. Les deux hommes mobilisent leurs réseaux d'éleveurs et organisent, un peu « à la hussarde », une première descente en 2010, avec des éleveurs d'hérens issus de Chartreuse et de Belledonne. 

Pédagogie

Sept ans plus tard, ce ne sont plus deux, mais cinq massifs et quatre races alpines qui participent à l'opération. Toute la journée, abondances, tarines, villardes et hérens se feront les ambassadrices d'une réalité alpagère souvent méconnue des urbains. Pour Chris Moiroud, qui préside l'association organisatrice de la manifestation, il ne s'agit pas d'un coup de pub, mais d'une action à vocation pédagogique, destinée à présenter tous les maillons d'une chaîne qui va de la vache au consommateur, en passant par l'éleveur, le producteur et le fromager. « La descente d'alpage, ce n'est ni un zoo, ni un spectacle, insiste le président. C'est une manière de rappeler que Grenoble est entourée de montagnes magnifiques où vivent des bêtes qui font la fierté de leurs éleveurs, mais qui sont aussi à l'origine de productions que l'on retrouve sur les étals des commerçants. »

Fabrication de fromage devant le public grenoblois.

Bar à lait, bar à beurre, dégustation, démonstrations culinaires avec chefs locaux et nationaux, étoilés ou labellisés, fabrication de fromage (notamment de bleu du Vercors), traite des vaches (à 17 heures...), les Grenoblois en auront plein les mirettes. Pour les éleveurs, cette opération fonctionne comme un tremplin, une belle occasion de se faire connaître et de parler de leur travail. C'est ce qui incite des professionnels comme la Sica du Granier, les éleveurs du Vercors ou les producteurs d'agneau d'alpage de l'Isère à faire le déplacement en dépit de la logistique que cela implique. Pour la plupart, le contact avec le public génère de « bons retours ». Certains, comme Clément Marais, éleveur de chèvres au cœur des alpages de Villard-Reculas, qui a participé à la manifestation l'an dernier, se plaît à représenter l'Oisans, mais regrette qu'il n'y ait « pas eu de suites commerciales ». Christian Gaillard, éleveur d'hérens à Sainte-Agnès, en Belledonne, va quant à lui installer ses bêtes rue de Strasbourg, devant la fromagerie des Alpages. S'il le fait, c'est un peu par intérêt, beaucoup par amitié. « Bernard est un vieux copain d'école, confie-t-il. Mais pour nous, cette journée à Grenoble, c'est aussi une belle vitrine. C'est d'autant plus important que mon fils a l'intention de devenir fromager. »

Marianne Boilève

 

 

 

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