Publié le 19/11/2017 à 18:05 / Jean-Marc Emprin

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Une charte morale entre des représentants agricoles, la grande distribution et l'Etat sera traduite en texte législatif en 2018.

Crédit : ministère de l'agriculture.

Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture, et Benjamin Griveaux, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, ont accueilli les 18 signataires de la « charte d'engagement pour une relance de la création de valeur et pour son équitable répartition, au sein des filières agroalimentaires françaises » le 14 novembre au ministère de l'Agriculture. « Il ne manque personne autour de la table aujourd'hui, s'est réjoui Stéphane Travert. Certains doutaient de votre capacité collective à dépasser les clivages, parfois artificiels, et les frontières symboliques ». Les signataires sont l'ensemble des représentants de la distribution (FCD, Système U, Auchan, Cora, Carrefour, Casino, Intermarché, Lidl, E. Leclerc), de la transformation agroalimentaire (Ania, Feef), des agriculteurs (FNSEA, APCA, JA, CR, Conf', Model) et de la coopération (Coop de France). En revanche, les consommateurs étaient absents, comme l'a fait remarquer Michel-Edouard Leclerc. Pourtant, la signature de cette charte n'a pas été aussi simple, chaque mot ayant été pesé au trébuchet, au point qu'il a fallu 35 versions pour aboutir. A défaut d'être un document « juridiquement opposable », le ministre de l'Agriculture a fait remarquer qu'il engage «politiquement et moralement» les signataires, en attendant la loi qui est «en cours de rédaction en collaboration étroite avec la DGCCRF», selon le cabinet de Stéphane Travert.

 A « cimenter par la loi », selon les signataires

L'ensemble des signataires, distributeurs, industriels, syndicats agricoles et coopération, de la charte d'engagement ont évoqué «l'instant historique» de cette signature et la pugnacité du ministre de l'Agriculture pour réussir à faire signer tout le monde. Jean Philippe Girard, président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) a insisté sur «l'urgence de cimenter cette charte par la loi». Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, a souhaité que «l'esprit» de cette charte ne «s'évapore» pas, notamment durant les négociations commerciales qui ont déjà débuté. Elle espère «du concret et très vite», car comme le précise Bernard Lannes, président de la CR, «les résultats de cette charte ne commenceront à se voir sur les exploitations qu'à partir de 2019». «Cette charte, si elle n'est pas suivie d'un cadre légal, ne servira pas à grand chose», a souligné Michel Biero, gérant des achats chez Lidl. Quant à Michel-Edouard Leclerc, il a conclu, après signature : «Je suis celui qui est venu le plus souvent dans cette salle et je peux vous dire que ce genre de débat n'est pas le premier et ne sera pas le dernier».

 

Source Agra

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