Publié le 23/11/2017 à 11:40 / Isabelle Doucet

Etats généraux de l'alimentation

Le bilan est sévère à l'issue de l'atelier sur l'attractivité des métiers en agriculture et dans l'agroalimentaire.

Patrick Revel, maraîcher, Monique Limon, députée, Franck Capdevile, directeur du LEGTA CSA et Didier Carnelli, représentant de l'enseignement agricole privé.

« La formation agricole est un monde à part de l'Education nationale. Lorsqu'on n'est pas du milieu, on ne sait pas que ça existe », affirme Nathalie Garçon, chargée du développement du pôle agroalimentaire isérois.

C'est a ce déficit de notoriété que les directeurs d'établissements de formation agricole sont largement confrontés. « Nous n'arrivons plus à recruter dans l'agroalimentaire. C'est un problème d'orientation en France qu'il faut faire éclater », a lancé Martine Labaune, proviseure du LEGTA de Saint-Ismier.

Elle regrette la barrière qui s'est érigée entre leurs établissements et les lycées dans lesquels « nous n'arrivons plus à rentrer ».

A la méconnaissance des formations s'ajoute la dévalorisation des métiers.

 

 

L'agroalimenaire n'a jamais autant recruté dans des métiers très diversifiés, mais pâtit d'une image négative « compliqué, chaud, froid, mal payé », résume Martine Labaune.

En agriculture, c'est pire, avec une dichotomie supplémentaire. « Les BPREA ont de moins en moins le profil agricole classique et s'orientent de plus en plus vers des projets de maraîchage, d'apiculture, de petite transformation, alors que les bac pro vont vers des projets plus classiques. Comment dès lors, réfléchir à certaines tendances ? » interroge Franck Capdeville, le directeur du LEGTA de La Côte-Saint-André.

Une piste à explorer

« Pour être attractif, il faut que le métier soit bien payé, signale Patrick Revel, maraîcher en agriculture biologique à Moirans. En bio, nous avons la chance d'être très bien perçus par la population. C'est une piste à explorer. »

Pas question pour autant d'opposer les modèles.

Gérard Toucheboeuf, le président de Récolter (Restauration collective et territoires de Rhône pluriel), rappelle que « seule la complémentarité et la mutualisation permet à tous d'avancer ».

Pour Lionel Roux, en polyculture élevage à Montseveroux, l'attractivité du métier viendra de l'évolution du modèle dominant.

Mais Luc Veyron, maraîcher à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs soulève quelques points qui méritent réflexion : « L'attractivité du métier, c'est aussi l'attractivité des retraites ».

Il rappelle aussi que la question du capital est déterminante dans le type d'installation et que les hors cadres familiaux n'ont d'autre choix, par conviction, mais aussi pour des raisons financières, que de partir sur des microstructures.

Enfin, les directeurs d'établissement font valoir leurs difficultés à former les jeunes en apprentissage, compte tenu d'un cadre législatif trop strict, ce qui éloigne d'autant plus les élèves du métier.

Isabelle Doucet
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