Publié le 14/12/2017 à 18:15 / TD journaliste

Numérique

Plus de 42% des personnes de plus de 60 ans sont connectées à un réseau social. Pourtant, peu sont celles qui connaissent les dangers sur leur vie privée en ligne.

Followers, adresse IP, cookies... le vocabulaire numérique fait de plus en plus partie de notre quotidien. Pas celui de tout le monde en réalité. L'association l'Age d'or aide les personnes de plus de 50 ans à se former à l'informatique au travers de cours collectifs, individuels ou encore via des conférences. Après la première impression, souvent positive, viennent vite les craintes sur la vie privée et le vol de données. « Quand les personnes âgées sont sur l'ordinateur, elles ont l'impression qu'on va vider leur compte en banque, à cause des paiements en ligne notamment. En revanche, sur les réseaux sociaux, le risque pour leur vie privée est peu visible », raconte Hugo Eymard-Duvernay, médiateur numérique pour l'association à la Maison des Habitants de Bériat à Grenoble. L'âge d'or proposait donc mercredi 22 novembre une conférence sur le thème « Réseaux sociaux et vie privée » au Muséum d'histoire naturelle. Le but ? « Devenir acteur de son identité sur Internet », explique Elodie Gizzi, chargée de communication au sein de l'association.

Un profil « gratuit » vaut 15 euros

«Facebook fait du ciblage publicitaire sur vous, mais en général c'est vous qui donnez l'information», explique le médiateur après une brève présentation des réseaux existants. Age, sexe, situation amoureuse, situation professionnelle... toutes ces informations sont en effet ajoutées peu à peu par l'utilisateur lors de son inscription et au fil des messages postés en ligne. Un profil facebook européen rapporte 15 euros par an au groupe, un profil américain 60 euros. « Quand c'est gratuit, c'est que c'est nous le produit », conclue Hugo Eymard-Duvernay. Une mise en garde utile car un tiers des personnes présentes dans la salle est sur Facebook. « On n'est pas né dans l'informatique, on est des cibles faciles » explique Alain Boshart, adhérent de l'Age d'or et détenteur d'un compte Facebook.

Construire son identité numérique

Outre le ciblage publicitaire, il ne faut pas non plus oublier qu'on ne peut pas faire machine arrière. « Tout ce qui est un jour publié sur Internet le reste pour toujours », avertit Hizya Belmadani, médiateur numérique de l'association. En effet, une fois une photo ou un fichier mis sur la toile, il est très difficile à supprimer définitivement. Afin d'éviter de se faire piéger, il faut savoir protéger sa vie privée en ligne et se construire une identité numérique. Hizya Belmadani revient sur les trois règles à respecter : Bien vérifier où le message sera publié avant de cliquer sur envoyer, pas d'informations personnelles sur les « pages » des marques et surtout bien lire les politiques de confidentialité. « Quand on se met devant l'ordinateur, on a peur de faire des bêtises. La conférence me rassure quand même, on devient de plus en plus compétent », souligne Simone Conti, adhérente également de l'Age d'or.

Prendre en compte la mort

Pourtant, Facebook ne contrôle pas parfaitement notre vie privée... Quand il enregistre votre date d'anniversaire pour rappeler à vos proches de vous le souhaiter, cela nous fait presque plaisir. En revanche, quand il vous rappelle de souhaiter l'anniversaire d'un ami décédé, là, ça ne passe plus. Les profils des personnes décédées sont très difficiles à supprimer et restent donc en ligne. «Facebook ne prend pas en compte la mort», confirme Hugo Eymard-Duvernay. Un problème pour les utilisateurs comme pour le géant du web. Dans quelques années, le réseau social comptera plus de morts que de vivants. Heureusement, la politique du groupe évolue petit à petit. Si plusieurs personnes font la demande de suppression d'un profil en raison d'un décès, Facebook peut, éventuellement, le supprimer. Une sorte de droit à mourir virtuel ?

Virginie Montmartin
Mots clés : LOISIRS RETRAITE INTERNET INFORMATIQUE FACEBOOK MEMOIRE AGE D'OR VIE PRIVEE GOOGLE
Publicité
Annonces légales