Publié le 17/01/2018 à 11:15 / Isabelle Doucet

Chambre d'agriculture

Élus, représentant de l’État et de ses services, responsables des OPA et syndicaux se sont retrouvés lundi soir à la chambre d'agriculture de l'isère pour la traditionnelle présentation des vœux.

Élus, représentant de l’État et de ses services, responsables des OPA et syndicaux se sont retrouvés lundi soir à la chambre d'agriculture de l'Isère pour la traditionnelle présentation des vœux.

Pour Jean-Claude Darlet, le président de la chambre d'agriculture de l'Isère, le monde agricole n'a pas été épargné par l'année 2017 qui est restée placée sous le signe d'une « PAC non stabilisée », d'une crise qui se poursuit « malgré une légère embellie dans le lait et la viande » et d'aléas climatiques.
Le président a souligné que plus de 400 exploitations fragilisées étaient encore accompagnées par le dispositif Sillon dauphinois.
2017, c'est aussi bien entendu le développement du pôle agroalimentaire, qui s'est assorti d'un travail sur les filières et d'une réflexion sur la segmentation des marchés, en lien avec les outils existant dans le département. « Nous nous attaquons à tous les types de marché en Isère », a assuré Jean-Claude Darlet.
Parmi les dossiers qui fâchent, celui de la méthanisation est sans doute le plus emblématique. « Un problème administratif, relationnel et d'incompréhension de la population », a commenté le président, louant les efforts de communication « pour faire admettre que si l'on veut de l'énergie renouvelable, il faut accepter des outils proches de chez soi. »
Il a aussi déclaré combien le Plan loup actuellement en négociation ne lui convenait pas et considéré les Etats généraux de l'alimentation comme « la dernière chance pour l'agriculture ».
2018 sera donc celle de la concrétisation de tous ces échanges par une nouvelle loi qui devrait être votée durant le premier trimestre, laquelle est attendue par le monde agricole sur le volet du partage des marges.
« Il faut aussi redonner les moyens à la recherche et au développement, si demain on veut évoluer dans une autre agriculture », a lancé Jean-Claude Darlet.

Il a également soulevé les enjeux liés à la protection du foncier, notamment en Nord-Isère où les projets sont nombreux, demandant aux intercommunalités de rejoindre le GIP, si ce n'est déjà le cas. L'avenir de l'agriculture dans le secteur dépend hautement de la compensation des pertes en foncier agricole.

Equité, origine, qualité

Pascal Denolly, le président de la FDSEA Isère a pour sa part fait appel « à une nouvelle agriculture ». Il insiste : « Avec l'appui des politiques, de l'administration et des citoyens, nous devons construire un nouveau modèle ».

Lui aussi compte sur la loi qui découlera des travaux des Etats généraux, notamment sur la question de la création de marges et de leur retour vers la production.

Il a également souligné, dans le cadre du pôle agroalimentaire, l'engagement du Département et des intercommunalités autour du triptyque « équité, origine, qualité ».

L'occasion de mettre en garde par rapport à certaines démarches qui « mélangent les valeurs » ou qui « trompent le consommateur », à l'image des œufs de poules à la retraite vendus un euro pièce dans les magasins bio. Un scandale.

Pour 2018, il souhaite « la victoire de l'alimentation », ajoutant « il est essentiel qu'on bosse tous ensemble ».
Jean-Pierre Barbier, président du département de l'Isère, a rappelé sa principale préoccupation : que le secteur dégage « un prix rémunérateur ».

Il ajoute : « Il n'y a que ça. Ce qui compte, c'est la marge ».

Aussi, depuis trois ans, le Département pilote le projet de pôle agroalimentaire, « pour créer des filières qui ont de bons outils ». 2018 devrait permettre « de passer à la vitesse supérieure » avec la création de la marque dédiée à l'Isère, dont l'animation sera confiée à Isère tourisme, et du comité d'agrément assorti.

Schéma directeur agricole

Fermant le ban, le secrétaire adjoint de la préfecture, Yves Dareau, a loué les valeurs de solidarité et de fraternité du monde agricole.

L'année 2017 ayant été frappée par des calamités, l'Etat a versé 340 000 euros d'indemnités pour les pertes liées au gel en arboriculture et viticulture, le montant total des dommages s'élevant à 1,27 million d'euros.

Plus de 300 noyers ont aussi été arrachés à cause des orages de l'été. Le phénomène a été reconnu comme calamité agricole permettant au secteur de percevoir 18 000 euros d'indemnisations.

Le représentant de l'Etat a annoncé que l'année 2018 verrait la mise en œuvre du Schéma directeur régional des exploitations agricoles qui remplacera les schémas départementaux.

De même, la CDPENAF (Commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers) devrait voir son activité renforcée avec la révision des PLU et PLUI isérois.
Tous les intervenants ont fait part de leur intérêt pour le dossier installation et le nouveau cadre dans lequel les aides seront fixées. Revalorisée en 2017, la DJA peut aujourd'hui atteindre jusqu'à 45 000 euros.
Enfin, le représentant de l'Etat s'est fait l'écho du ministère de l'Agriculture qui a annoncé un retour à la normale pour le versement de la PAC en 2018. Période de vœux oblige.

Isabelle Doucet
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