Publié le 22/06/2018 à 15:50 / TD journaliste


« L'annonce du lancement de la bioraffinerie de la Mède résonne comme une trahison pour les agriculteurs français et la filière nationale de production de biodiesel », a lancé Yves Delaine, président de la Fédération nationale des corps gras (FNCG), à son assemblée générale le 6 juin. Les industriels de la filière y voient une incohérence avec le discours affiché par le gouvernement sur l'emploi et l'environnement. « L'incohérence est multiple face aux ambitions portées par nos décideurs publics, qu'il s'agisse de l'accord de Paris (sur le climat, après la Cop 21), de la souveraineté protéique voulue par Emmanuel Macron ou encore de la lutte contre la déforestation importée et la sauvegarde de la biodiversité, deux sujets portés par Nicolas Hulot. »

Or, décrit Yves Delaine, « La Mède, c'est une production attendue de 500 000 tonnes de biodiesel hydro-traité, représentant l'équivalent de deux usines de production de la filière française de biodiesel », qui est issu à plus de 80 % d'huile de colza cultivé sur le territoire français. C'est « l'importation massive de protéines de soja OGM, en provenance principalement d'Amérique du Sud, générant une perte de débouchés durables pour les producteurs d'oléagineux français ». Pourtant les oléagineux développés par la filière « permettent à la fois de réduire les émissions de CO2 tout en valorisant une co-production nationale de protéines vitales pour l'élevage ». Enfin c'est « la fragilisation de toute une filière agricole et industrielle, représentant 20 000 emplois non délocalisables en France ». Cette décision est « d'autant plus incompréhensible, qu'elle est contraire à ce qui se joue actuellement sur le volet européen » dans le cadre de la révision de la directive Red II 2020/2030 sur les énergies renouvelables (voir article dans ce numéro).

 

 

MN

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