Publié le 14/09/2018 à 12:20 / Marianne Boileve

Poulailler bio

Le marché de l'œuf bio étant en pleine expansion, l'Earl des Gallines a choisi de contractualiser avec un intégrateur pour s'assurer sécurité et visibilité à long terme.

A Thodure (Isère), l'Earl Les Gallines soignent ses poules aux œufs d'or bio.

Installé dans la plaine de Thodure, le poulailler de l'Earl des Gallines émerge au milieu des champs de maïs semence. Long de 207 mètres (sur 13 de large), le bâtiment flambant neuf a été inauguré fin mai. Il est entouré de six hectares de parcours, sur lesquels picorent des milliers de poules pondeuses bio : 9 000 d'un côté, 6 000 de l'autre. Un projet de taille qui a coûté près d'un million d'euros, investis sur 15 ans et aidé par la Région à hauteur de 8% dans le cadre du PCAE. « Si on n'installe pas des ateliers conséquents, on n'y arrivera pas : vu la demande, on sera obligé d'importer des œufs », justifie Jean-François Charpentier qui a opté pour l'intégration, car « on sait ce qu'on va gagner sur le long terme ».

Confort des poules

Des perchoirs aux pondoirs en passant par les éclairages ou les arbres du parcours, tout a été pensé pour le confort des poules : bien-être animal oblige. Réparties en cinq lots de 3 000, rigoureusement séparés, les bêtes vont et viennent à leur guise. Arrivées en juin à l'âge de 16 semaines, les poules - des hy-line rurales - sont aujourd'hui « bien en route » : elles pondent quotidiennement 14 400 œufs qui, une fois collectés, sont mis en alvéoles et expédiés par palettes à Envies d'œufs Sud-Est, où ils sont conditionnés et commercialisés. Nourries avec des aliments bio fournis par l'intégrateur, les poulent restent 55 semaines dans l'exploitation avant d'être réformées. En cas de problème, elles sont traitées avec des produits à base de plantes, les antibiotiques étant quasiment proscrits.

Surveillance

« Le gros du travail, c'est de la surveillance », affirme Jean-François Charpentier qui fait son petit tour chaque matin pour vérifier que tout va bien et ajuster en permanence ce qui doit l'être (alimentation, horaire, ramassage...). Sa seule angoisse, c'est la salmonelle. Mais, rigoureux comme il est, le risque ne semble pas très élevé, d'autant qu'il peut compter sur les techniciens Fermiers du Sud-Est pour venir en appui. « Le premier indicateur de problème sanitaire, c'est la ponte, explique Jean-François. Il est important de suivre les chiffres de ponte pour réagir tout de suite. »

La machine trie les œufs et les range dans des alvéoles qui sont livrés par palettes à Envie d'œufs Sud Est, la filière œufs de la Coopérative dauphinoise.

Avec 4,5 millions d'œufs produits en 14 mois, les associés de l'Earl des Gallines comptent tirer deux smics de leur nouvel atelier. A raison d'une demi-journée de travail quotidien, le pari est raisonnable. D'autant que, pour le moment, tout le monde se bat pour aller chercher les œufs. « La machine est un bijou, sourit Catherine Charpentier. Ramasser les œufs, ce n'est pas du travail : c'est un amusement. »

MB

Mots clés : THODURE INTEGRATION POULAILLER BIO LOGUT CHARPENTIER EARL DES GALLINES HY-LINE RURALES ENVIES D'ŒUFS SUD-EST
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