INTERVIEW
« L’objectif de la marque régionale, c’est d’amener de la contractualisation »

Le 18 octobre dernier Jérémy Thien a été élu nouveau président du comité Auvergne-Rhône-Alpes Gourmand (Arag), association de développement économique, de promotion et de commercialisation des produits agricoles et alimentaires de la région. Il succède à Alain Berlioz-Curlet.

« L’objectif de la marque régionale, c’est d’amener de la contractualisation »
Jérémy Thien a succédé à Alain Berlioz-Curlet à la présidence de l'association Auvergne-Rhône-Alpes Gourmand. ©Région Aura

Vous êtes le nouveau président d’Auvergne-Rhône-Alpes Gourmand. Quel est votre parcours ?

Jérémy Thien : « Je suis viticulteur à Jullié dans le Rhône depuis presque neuf ans dans les appellations juliénas et beaujolais-village. Je suis arrivé au conseil régional en 2011 sous la présidence de Jean-Jack Queyranne. J’ai été élu aux côtés de Françoise Grossetête (tête de liste UMP) puis j’ai rejoint l’équipe de Laurent Wauquiez en 2016. Je siège actuellement dans la commission agricole du conseil régional. En 2014, je suis devenu maire de ma commune, Jullié, pour laquelle j’ai été réélu pour un second mandat en 2020. Ma profession fait que je me suis naturellement intéressé aux questions liées à la viticulture mais aussi à l’agroalimentaire. Je prends aujourd’hui la présidence d’Arag après Alain Berlioz-Curlet qui est resté fidèle à Aura Gourmand pendant 10 ans. Siégeant tous les deux à la Région nous avons beaucoup travaillé ensemble, notamment sur la marque régionale « Ma région, ses terroirs » (anciennement « La Région du goût »). De par son expérience et ses connaissances, je souhaiterais qu’il devienne président d’honneur de l’association. »

Quelles ambitions portez-vous pour accompagner le monde agricole ?

J.T. : « Mon credo, c’est la défense de la ruralité, des agriculteurs et de nos territoires. Cette nouvelle responsabilité, c’est la suite logique de mon engagement personnel pour le monde agricole. Une de mes missions essentielles sera de porter la nouvelle stratégie de notre marque régionale qui se positionne en complémentarité des produits sous signe de qualité. Nous souhaitons élargir notre gamme et travailler davantage avec la distribution. Notre objectif est de ramener de la valeur dans les cours de ferme. Nous nous servirons du cadre légal de la loi Egalim 2 pour donner sa juste place à la contractualisation dans le respect des équilibres économiques. L’objectif de la marque régionale, c’est d’amener de la contractualisation. L’avantage que nous avons, c’est la proximité avec les acteurs du territoire, ce qui nous laisse, à mon sens, des marges fortes de discussion, de négociation et d’engagement réciproque. »

Quel bilan Arag tire-t-elle de la crise Covid-19 ?

J.T. : « Ça a été, comme pour tout le monde, une période très dure. Une grosse partie des actions d’Arag, c’est de l’événementiel. Quand on n’a pas le Salon de l’agriculture, quand on n’a pas les marchés de Noël, quand on n’a pas le Marché du goût, ces grands événements très structurants qui permettent de promouvoir l’agriculture, notre cœur d’activité se retrouve à l’arrêt. Pendant la crise de la Covid-19, on a fait le dos rond. Grâce à une gestion très rigoureuse, nous sommes aujourd’hui en mesure de redémarrer. On sort de la tourmente et on se positionne dans une logique de construction de projets. Ce qui est sûr, c’est que la Covid-19 a enfoncé le clou sur la volonté des consommateurs d’avoir encore plus de traçabilité, des garanties de qualité, de consommer plus local. Je pense que la grande distribution l’a bien compris, il y a aujourd’hui plus de place dans ses linéaires pour des produits labélisés, en circuits plus courts qui permettent aux consommateurs qui le souhaitent de s’inscrire dans cette démarche-là. Il faut qu’on saisisse cette occasion avec notre marque régionale. »

Sur quels projets l’association travaille-t-elle en ce moment ?

J.T. : « Après la réussite, cet été, de Tour gourmand lacs et terroirs, nous sommes mobilisés pour que cet événement soit reconduit et pérennisé d’année en année. Nous travaillons en ce moment même sur l’organisation du Salon de l’agriculture, en lien avec les chambres d’agriculture, les filières et les professionnels. Je me suis rapproché tout naturellement de Philippe Meunier à la direction des affaires internationales du conseil régional. Objectif : être présent de manière systématique lorsque des délégations étrangères nous rendent visite. Autre mission : jouer un rôle dans la structuration des programmes alimentaires territoriaux (PAT). Il reste un énorme travail à réaliser dans la relocalisation d’une alimentation de qualité dans la restauration collective ».

Propos recueillis par Alison Pelotier

Composition du nouveau bureau d'Aura Gourmand

Président : Jérémy Thien, Conseiller Régional

Trésorier : Christian Berthe, élu CCIR

Secrétaire : Pascal Philibert, Chef d’entreprise

Vice-président : Jean-Claude Rabany, élu CRIEL

Vice-président : Michel Joux, FRSEA