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Un mois d’octobre frais et pluvieux

Octobre retrouve des températures inférieures aux moyennes de saison et des pluies abondantes, qui ont permis d’amorcer la recharge de la plupart des nappes phréatiques. Le mois a aussi été agité et venté, avec deux fortes tempêtes, Alex et Barbara.

Un mois d’octobre frais et pluvieux
Si octobre retrouve des températures plus fraiches que les moyennes de saison et des précipitations abondantes, le mois a été venté et agité, avec deux tempêtes majeures, Alex et Barbara. En cumul sur l’ensemble de la campagne, de mars à octobre, la production d’herbe des prairies permanentes est en déficit.

Ce n’était pas arrivé depuis mai 2019 : le mois d’octobre met un terme à seize mois consécutifs de grande douceur. Selon le ministère de l’Agriculture, dans sa note mensuelle de climatologie publiée le 10 novembre, la température moyenne en octobre s’est établie à 13,3 °C sur l’ensemble du pays, en retrait de 0,6 °C par rapport à la normale (période de référence 1981-2010). Si dans le Nord et le Nord-Est les températures ont été proches des moyennes de saison, c’est surtout dans la partie Sud qu’il a fait plus froid. 

Une pluviométrie excédentaire

La pluie a également été très abondante en octobre, puisqu’Agreste relève un excédent moyen de 21 %, particulièrement marqué dans le Sud-Ouest (+ 76 %), le Centre-Est (+ 43 %) ou encore l’Ouest (+ 32 %), notamment en Bretagne. En revanche, le Sud-Est, et plus particulièrement le pourtour méditerranéen, enregistre un déficit de pluviométrie de 41 % ! « L’indice d’humidité des sols au 1er novembre 2020 est excédentaire sur la moitié ouest et dans le Centre-Est du pays, il est déficitaire dans le Nord-Est et autour de la Méditerranée », ajoute Agreste.

Deux événements climatiques ont marqué le mois d’octobre. Les 1er et 2 octobre, le pays a été balayé par le tempête Alex. Elle a d’abord touché la côte bretonne, avec des vents très violents. Elle a ensuite été suivie par un épisode méditerranéen très actif dans les Alpes-Maritimes, avec des pluies diluviennes dans la région de Saint-Martin-Vésubie, qui ont entrainé des crues éclair, des coulées de boue et des dégâts très importants. Les 20 et 21 octobre, une seconde tempête, Barbara, a traversé la partie Sud de la France. Des vents violents ont été enregistrés dans le Centre-Est : 102 km/h à Lyon et 155 km/h au col des Sauvages (Rhône).

Un mois contrasté en Aura

En région Auvergne-Rhône-Alpes, la température moyenne en octobre a été de 9,6 °C, inférieure de 1 °C par rapport aux normales de saison. C’est surtout dans le Sud-Est de la région, notamment en Drôme, que l’on a relevé « des températures plus fraîches de près de 3 °C pour les plus basses », indique Météo France dans son résumé mensuel régional le 5 novembre. A l’inverse, dans le Nord-Ouest d’Aura, les températures ont été proches, voire au-dessus de la normale.

L’excédent de pluies atteint 21 % sur la région, comme au niveau national. Là aussi les contrastes entre les territoires sont marqués : « entre le sud de l'Allier et le centre du Puy-de-Dôme, sur le centre de la Haute-Loire et sur le sud de l'Ardèche […] il manque de 30 à 70 % d'eau par rapport à un mois habituel », précise Météo France. A l’opposé, l’ouest du Cantal, le massif auvergnat, la plaine iséroise, l'Ain ou le nord de la Haute-Savoie ont enregistré des surplus de 60 à 90 %. La tempête Barbara a été particulièrement virulente en Aura : des vents à plus de 130 km/h sur l’Auvergne et plus de 150 km/h en Rhône-Alpes ont été relevés dans la nuit du 21 octobre. 

Des nappes en phase de transition

En région Bourgogne-Franche-Comté, les températures moyennes ont été globalement proches, voire légèrement inférieures, à la normale sur le mois d’octobre. La fraicheur a été plus sensible sur la partie Est de la région. Côté précipitations, la carte de Météo France (voir ci-dessous) montre qu’il a plu en moyenne plus que d’habitude en BFC.

En ce qui concerne les nappes phréatiques, elles ont été en phase de transition en octobre, du fait de précipitations globalement abondantes et « de la mise en dormance de la végétation », précise le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bulletin de situation hydrogéologique pour le mois d’octobre, publié le 13 novembre. Si les nappes de l’Ouest de la France ont bénéficié d’une recharge satisfaisante, « la situation des nappes reste dégradée dans l’Est. Les niveaux sont bas à très bas dans les régions Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et en Limousin. La recharge a cependant débuté et la situation s’améliore lentement. En cette fin d’année, les tendances dépendront de la pluviométrie. La recharge devrait se généraliser à l’ensemble des nappes et la situation s’améliorer », commente le BRGM.

Sébastien Duperay

Cartes
(Crédit : Météo France)

PRAIRIES / Un bilan de campagne très déficitaire

En cumul sur l'ensemble de la campagne 2020 (mars à octobre), le déficit de la production d'herbe des prairies permanentes est de 30 %, estime Agreste dans sa note de conjoncture publiée le 30 octobre. Seules les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Bretagne ont connu une pousse de l'herbe proche des normales. L'ensemble des dix autres régions fourragères françaises sont touchées par un déficit. Celles du Nord-Ouest au Centre-Est sont les plus touchées. Le Grand Est, les Hauts-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté affichent des valeurs de production établies respectivement à 47 %, 51 % et 57 % de la référence. Pourtant, grâce à des conditions hivernales douces, la campagne avait commencé avec une pousse de l'herbe supérieure à la pousse de référence au niveau national. Mais le déficit hydrique de l'été « a ralenti et parfois stoppé la pousse d'herbe », expliquent les statisticiens. Ainsi, la pousse d'été-automne (du 20 juin au 20 octobre) ne représente que 22 % de la pousse d'été-automne de référence. Les pluies d'automne, insuffisantes ou trop tardives, n'auront ensuite pas permis un redémarrage de la production d'herbe.