BILAN CLIMATIQUE
Une fin d’année 2020 douce et pluvieuse

L’année climatique 2020 s’achève dans l’agitation mais aussi dans une grande douceur. Décembre a été rythmé par deux périodes de froid, en début et fin de mois, et une décade durant laquelle les températures ont parfois dépassé de 10 °C les normales de saison.

Une fin d’année 2020 douce et pluvieuse
S’il a fait doux, il a aussi beaucoup plu en décembre. Rares sont les coins de France à être passés entre les gouttes, avec un excédent moyen de 60 % sur le mois.

Et de onze ! Décembre aura été en 2020 le onzième mois plus doux que la normale, faisant de l’année qui vient de se terminer, la plus chaude jamais « observée en France depuis le début des mesures », indiquait le 7 janvier le ministère de l’Agriculture dans sa note de climatologie mensuelle. La température mensuelle moyenne a atteint 7,3 °C en décembre, soit 1,3 °C de plus que la normale (période de référence 1981-2010). L’excédent généralisé a été particulièrement marqué dans le Nord et le Nord-Est, atteignant + 2 °C à Besançon, précisait la Chaîne Météo dans son bulletin climatique mensuel diffusé sur son site Internet le 31 décembre. Ainsi, « excepté en début et en toute fin de mois, c’est la douceur qui prédomine avec un excédent supérieur à 3 °C durant la seconde décade », résume Agreste.

Beaucoup d’eau en décembre

S’il a fait doux, il a aussi beaucoup plu en décembre. Rares sont les coins de France à être passés entre les gouttes, avec un excédent moyen de 60 % sur le mois. Le Sud-Ouest et la Corse ont été copieusement arrosés, avec des volumes de respectivement + 126 et + 115 %. Il a moins plu en revanche dans Le Roussillon, sur une petite partie du Sud-Est et sur la pointe Nord-Est du pays. Partout ailleurs, les niveaux d’eau ont été élevés pour la saison : le Centre-Est a enregistré un cumul supérieur de 69 % par rapport à la normale. Au final : « Les précipitations cumulées depuis le 1er septembre 2020 sont proches des normales au niveau national, excédentaires d’un tiers dans le Sud-Ouest mais déficitaires de plus de 20 % dans le Sud-Est et le Nord-Est », constate Agreste.

Ces niveaux de précipitations ont été alimentés principalement par l’épisode de pluie exceptionnel entre le 1er et le 11 décembre. Parmi les autres événements climatiques du mois, une forte instabilité s’est installée dans le Sud-Est le jour de Noël, donnant de la grêle sur la Côte d’Azur. Le phénomène est connu sous le nom de « goutte froide », indique la Chaîne météo : il est provoqué par de l’air très froid à haute altitude et lié à un mouvement dépressionnaire. Le mois se termine avec la tempête Bella, qui traverse la France les 27 et 28 décembre et est accompagnée de vents forts et d’abondantes chutes de neige sur les massifs.

Perturbé et neigeux en Aura

En région Auvergne-Rhône-Alpes, la température en décembre a été, comme ailleurs, plus clémente que les normales de saison, avec un excédent moyen de + 1°C sur le mois. « Malgré deux longues séquences assez froides en début et fin de mois, la douceur remarquable constatée au cœur de la période […] fait de ce mois de décembre un mois plus doux que la normale », indique Météo France dans son résumé mensuel régional le 8 janvier. Les pluies ont été quasiment partout excédentaires. Dans le Cantal ou l’Ouest de la Drôme, il a plu deux fois plus que d’habitude, relève l’organisme météorologique. La tempête Bella est passée sur la région, avec des rafales de vent importantes : 129 km/h relevés aux Sauvages (Rhône) ou encore 120 km/h enregistrés à Villard-de-Lans (Isère). La neige est également tombée abondamment sur la région, « notamment sur le relief auvergnat avec près de 80 cm de neige sur l'épisode sur le poste de Chastreix ou de Superbesse (Puy-de-Dôme) ou encore plus de 60 cm à Prat-de-Bouc (Cantal) ».

Pluies et neige en BFC

En région Bourgogne-Franche-Comté, décembre a été marqué par un temps couvert et très perturbé. Comme en Aura, la douceur s’est installée du 12 au 24 décembre, entre deux périodes froides. « Le 22, [les températures] dépassent souvent de 10 °C les normales avec des maximales s'élevant entre 15 ° et 18 °C », détaille Météo France dans son résumé mensuel régional le 7 janvier. La fin du mois est beaucoup plus froide et les gelées se généralisent les 26 et 27 décembre. Côté précipitations, elles « sont excédentaires, surtout en Bourgogne et sur le Jura, représentant jusqu'à 1,5 fois les normales », rapporte l’établissement météo. Un épisode pluvieux important a circulé les 11 et 12, « avec des cumuls en 48 heures qui atteignent 40 à 70 mm sur le Morvan et le Jura ». La neige, faible en début de mois, est devenue plus abondante à partir du 24 décembre.

Sébastien Duperay

Cartes
(Crédit : Météo France)

NAPPES PHRÉATIQUES / Des niveaux toujours bas en Aura et BFC

« En décembre 2020, les niveaux des nappes sont majoritairement en hausse », indique le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bulletin de situation hydrogéologique au 1er janvier publié le 14 janvier. « La recharge a débuté entre fin septembre et décembre sur l’ensemble des nappes du territoire. Seuls les secteurs en déficit pluviométrique sont toujours en baisse ou stables : Alsace sud, Provence et Alpes du sud », précise l’organisme. Ainsi, l’Ouest du territoire bénéficie d’une situation satisfaisante. « Sur ce secteur, le bénéfice de la recharge abondante de l’hiver 2019-2020 se ressent toujours, auquel s’ajoutent les apports pluviométriques d’octobre et de décembre ». En revanche, les niveaux des nappes des régions Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes sont jugés bas par l’organisme. « La recharge a cependant débuté et la situation s’améliore lentement. » « En janvier, les tendances dépendront de la pluviométrie. La recharge devrait se poursuivre et la situation devrait continuer à s’améliorer lentement sur les prochaines semaines. Ce début de recharge hivernale permet d’espérer des niveaux satisfaisants sur l’ensemble des nappes en sortie d’hiver. La recharge des nappes inertielles du couloir Rhône-Saône, dont les niveaux sont toujours bas, est particulièrement à surveiller », conclut le BRGM.