FILIÈRE AVICOLE
Objectif : mieux répondre aux attentes sociétales

Les adhérents de l’Afivol (interprofession avicole d’Auvergne-Rhône-Alpes) se sont retrouvés le 17 juin à Marlieux dans l’Ain. La filière a été durement touchée par la crise sanitaire et entend renforcer sa communication sur le métier d’éleveur auprès du public.

Objectif : mieux répondre aux attentes sociétales
Retrouvailles à Marlieux dans l'Ain pour les membres de l'association. ©YC
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Gilles Lassus, président de l’Afivol. ©YC

C’est par un vibrant hommage à Eric Aubry récemment disparu, que le président Gilles Lassus a accueilli les participants à l’assemblée général de l’Afivol Auvergne-Rhône-Alpes1, ce jeudi 17 juin à Marlieux (Ain). « Par sa fonction de directeur de l’activité volaille chez Axéreal Elevage dans l'Allier et membre de notre conseil d’administration, il a grandement contribué à structurer la filière volaille du Centre Auvergne, il va nous manquer », a-t-il déclaré. Puis avant de dérouler les sujets, le président a lâché « nous allons devenir la production majeure sur la grande région ».

Une enveloppe trop petite

« Le 17 mars 2020 tout s’est arrêté pour nous avec la fermeture des restaurants, des écoles. L’impact a été lourd pour les filières avicoles, les entreprises et l’ensemble des partenaires, a expliqué son président Gilles Lassus en préambule. Il y a eu une interruption totale des marchés ». Deux productions ont été particulièrement touchées, le poulet de Bresse et le canard maigre qui a enregistré une baisse de 40 %. La Région comme les Départements ont apporté un soutien financier aux éleveurs. Un plan de relance a été mis en place au niveau des abattoirs ainsi qu’un suivi de cellule crise avec la Draaf et le conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes.

Malgré tout, beaucoup d’abattoirs n’ont pas pu bénéficier d’aides car l’enveloppe prévue n’était pas assez conséquente par rapport aux besoins sur la région. Les demandes faites après le 15 février n’ont pas pu être honorées. Carlo Caschetta, directeur du service agriculture à la Région, présent lors de la réunion, a rappelé que la décision de ce plan de relance provenait de l’Etat, « c’est malheureusement ainsi, les premiers arrivés sont les premiers servis, c’est pareil pour toutes les filières ».

Répondre aux attentes sociétales

La région a été peu touchée par la dernière épizootie d’influenza aviaire. A ce propos, Jean-Marie Fontanet, directeur de l’Apose2 a tenu à remercier les producteurs pour leur vigilance. Le problème du confinement des animaux a été aussi évoqué. Tous penchent pour une mise à l’abri des volailles qui soit respectueuse du bien-être animal, surtout pour les pintades qui en souffrent le plus. Les nouvelles normes seront connues en juillet, ce qui permettra d’attaquer la saison avec plus de sérénité, a estimé Jean-Marie Fontanet.

Souvent montrés du doigt, les bâtiments d’élevage s’adaptent pour répondre aux consommateurs. « Sur trois ans nous avons rénové 180 000 m2, a indiqué Jean-Marie Fontanet, nous utilisons les fonds qui nous sont alloués. Nous nous devons de travailler ensemble, il est nécessaire de continuer l’accompagnement des bâtiments à rénover tout comme d’installer de nouveaux éleveurs. Poursuivre la communication pour progresser et répondre aux attentes sociétales, c’est le fer de lance. La poule au sol va être un vrai sujet ».

Excellente collaboration

Pour Carlo Caschetta, « la collaboration est fructueuse avec tous les acteurs de la filière ». L’Afivol compte une quarantaine de structures allant de la poule pondeuse à la volaille de chair et défend la production de l’amont à l’aval. « Le plan ambition filière avicole est validé jusqu’en 2025, il va continuer et nécessitera peut-être des aménagements en fonction des changements climatiques. » Autre annonce, le label « la Région du goût » va se transformer en « Ma Région Ses Terroirs ». Il reste à savoir comment la filière épousera cette nouvelle identité. Carlo Caschetta a insisté sur l’autonomie alimentaire des élevages, pour lui, « elle représente une source de sécurité ». Enfin la Région continuera d’accompagner les productions sous SIQO (signe d’identification de qualité et d’origine).

Yolande Carron

1. L’Afivol (association filières volailles) est l’interprofession avicole de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle fédère les éleveurs et les entreprises des filières volailles de chair et œufs et a pour mission de développer la production régionale en apportant des solutions aux problématiques collectives ainsi qu'aux enjeux de la filière.
2. L’Apose est l’Association des Producteurs d'Œufs du Sud-Est.

Renforcer la communication

Un plan a été présenté par Anne Plantie-Roux de l’institut Itavi. Il prévoit une participation au Sommet de l’élevage du 5 au 8 octobre, avec une conférence sur les enjeux des filières régionales au vu du changement climatique. Afin d’améliorer la lisibilité de l’Afivol, il est prévu une refonte du site internet en juillet. Enfin, des plaquettes de présentation des filières seront éditées et des groupes de travail entreprise et éleveurs constitués. L’objectif étant de définir les besoins en communication et de réaliser des actions ciblées.

Climat : un sujet chaud

Maxime Quentin de l’institut Itavi est intervenu pour parler « des enjeux des filières avicoles régionales face au changement climatique ». « C’est une préoccupation régionale, même si la volaille ne représente que 0,3 % de l’agriculture, il faut travailler sur l’adaptation. De 2 à 4 jours à 35 degrés pour l’instant, nous pourrions passer à 12 jours en 2050. Il y aurait des conséquences dramatiques. Plusieurs pistes sont à l’étude : réduire les besoins en eau par un système de refroidissement sans eau. Adapter les élevages, densité, planning de production, nutrition, abreuvement. Enfin améliorer la résistance des animaux, par un conditionnement thermique et une sélection génétique. » Des projets sont en cours avec la Loire.