Viticulture
Sur les meilleures tables

Isabelle Doucet
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Le Syndicat des vins de l’Isère a étoffé sa palette d’ambassadeurs en distinguant les restaurateurs qui mettent les vins locaux à leur carte.

Sur les meilleures tables
Aux côtés de Fabien Mulyk, vice-président du département, les ambassadeurs des vins de l'Isère : Stéphane Froidevaux, restaurant Fantin Latour, Wilfrid Debroize, président du Syndicat des vins de l'Isère, Laurent Gras, restaurant Per'Gras et Gabriella Orosz, graphiste et influenceuse.

Le Syndicat des Vins de l’Isère a nommé trois nouveaux ambassadeurs et ambassadrices.
C’est désormais devenu une tradition pour les vignerons d’honorer celles et ceux qui œuvrent pour la reconnaissance de leurs produits.
La manifestation s’est déroulée le 20 juin dernier au restaurant Le Per’gras à Grenoble où l’hôte, Laurent Gras, ainsi que Stéphane Froidevaux, chef étoilé du Fantin Latour, ont été nommés ambassadeurs dans la catégorie professionnelle « restaurateurs ».

  Laurent Gras

Gabriella Orosz, graphiste dans le domaine de l’événementiel, à l’origine de l’identité visuelle du syndicat et de la marque « I Drink / Wine Isère », a également rejoint le réseau dans la catégorie « influenceurs ». Pierre Étienne, gérant de la Laiterie Bayard, a aussi été désigné ambassadeur dans la catégorie « caviste », mais surtout à titre honorifique pour son engagement dans l’organisation du Concours des vins de l’Isère dès les années 2010.

Revaloriser la filière viticole

« Nous avons beaucoup de sollicitations et il y a peu d’élus », rapporte Wilfrid Debroize, le président du Syndicat des vins de l’Isère.
Le principe des ambassadeurs, qui s’est concrétisé en 2021, est porté par la volonté de revaloriser la filière viticole iséroise.
Restaurateurs, cavistes, sommeliers, influenceurs en sont les principaux acteurs.
Le président souligne l’importance d’échanger et de partager autour des valeurs et des qualités des vins en IGP Isère et avec leurs producteurs.
« Nous avons besoin de partenariats pour que nos vins se développent car nous sommes trop souvent considérés comme des vins confidentiels. » Il souhaite notamment « aller plus loin avec les maîtres restaurateurs », proches du terroir et des producteurs.

« Je crois en eux »

« C’est beaucoup de fierté », assure Stéphane Froidevaux.
Le chef fait un parallèle entre le temps qu’il lui a fallu « pour être accepté » et le parcours des vignerons « qui ne sont pas reconnus en Isère alors qu’ils font un super boulot et qu’on les retrouve de plus en plus souvent sur les grandes tables françaises ».
Il ajoute : « Je crois en eux, nous avons traversé les mêmes difficultés. C’est important de parler de vin en Isère. »
Il décrit le département comme « une terre d’avenir, pour la vigne, pour les truffes et de nombreuses cultures. Avec le changement du climat, l’Isère sera une très bonne terre ».
Il salue « le travail de Wilfrid Debroize pour fédérer, partager des choses créatives, faire bouger le syndicat. L’entente des vignerons est un modèle de réussite. Ils partagent leur savoir-faire, sont pleins d’humilité et tous très joyeux ».
Entre le Fantin Latour et les vignerons de l’Isère, le courant est passé. Le restaurant étoilé a non seulement inscrit les vins de l’Isère à sa carte, mais sait en faire la promotion, de même qu’il met en avant les produits locaux.
« Je suis de plus en plus passionné par la ferme Isère, reprend Stéphane Froidevaux. C’est un territoire d’une grande diversité, d’une richesse incroyable. Tout est là. »
« C’est un bonheur de travailler pour eux et avec eux, s’enthousiasme à son tour Gabriella Orosz. Et les viticulteurs de l’Isère sont comme leur vin, simples et droits. »
Pour illustrer cette dynamique qui porte la filière viticole, Wilfrid Debroize a annoncé l’installation de nombreux porteurs de projets autour de Grenoble où les plantations sont de plus en plus visibles, comme le Domaine des longs à Brié-et-Angonnes.
Isabelle Doucet


Les nouveaux ambassadeurs et les administrateurs du Syndicat des vins de l'Isère.

Recréer la cuvée du Mont Rachais
Le restaurateur Laurent Gras montre une des dernières bouteilles du mousseux du Mont Rachais.

Recréer la cuvée du Mont Rachais

Sous l’impulsion du restaurateur Laurent Gras, les vignes des coteaux de la Bastille se déploient sur plusieurs hectares au-dessus de Grenoble.

Plantées en 2017, les vignes des coteaux de la Bastille sont entrées en production à partir de 2020.
Le restaurateur Laurent Gras a défriché des parcelles qui avaient accueilli le vignoble familial jusqu’à la fin des années soixante-dix. Il y a replanté, sur 1,3 ha, des cépages blancs, chardonnay et verdesse - « surmûrie pour accompagner le foie gras » -, et des rouges, persan, mondeuse et douce noire. Les premières cuvées de blancs ont été produites à partir de 2020 et le rouge sera à découvrir en 2023.
Laurent Gras vient de planter une deuxième parcelle de 1,1 ha avec une proportion de 50 % de chardonnay. Le reste présente les mêmes cépages que dans la première plantation.
Il s’agit « d’avoir suffisamment de volumes pour faire de la qualité », explique le restaurateur.
Son objectif est de recréer, à l’horizon 2030, la cuvée du Mont Rachais, l’effervescent emblématique du  Per’gras à base de chardonnay qui n’a plus été produit depuis 1979. Il n’en reste plus que 18 bouteilles.


La vigne est conduite en agriculture biologique par Franck Masson, viticulteur à Chapareillan.
Le vin bénéficiera bientôt de l’IGP vin du Grésivaudan. À terme, les plantations devraient s’étendre sur 4 ha de coteaux.
« L’idée est de faire un vin accessible aux Grenoblois », reprend le restaurateur dont les vignes s’étirent sur les communes de La Tronche, Grenoble et Saint-Martin-le-Vinoux.
« La récolte 2023 est prometteuse et à partir de 2024, les vins des coteaux de la Bastille seront proposés à la vente à tous », annonce encore le restaurateur viticulteur.

ID


Les vignes des coteaux de la Bastille