Prix de l'Excellence agricole et rurale
« Il nous faut encore plus de productions »

Isabelle Doucet
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Le Pôle agroalimentaire rejoint cette année la remise des trophées qui se déroulera ce vendredi 9 septembre à 16 h 30 à la Foire de Beaucroissant. Pascal Denolly, son président, explique pourquoi il s’inscrit dans cette démarche.

« Il nous faut encore plus de productions »
Pascal Denolly, président du Pôle agroalimentaire de l'Isère.

Pourquoi le Pôle agroalimentaire (PAA) a-t-il décidé cette année de rejoindre le Prix de l’Excellence agricole et rurale ?
C’est d’abord une manifestation qui participe de la dynamique du département et une heureuse initiative de Terre Dauphinoise pour soutenir l’innovation en agriculture. Nous considérons que le PAA engage les agriculteurs à avoir une approche plus globale de leur métier en intégrant l’acte de vente et cette démarche a tout à fait sa place dans le PEAR. Il ne s’agit pas d’innovation au sens technique. Mais cette année, en tant que plateforme qui joue le rôle d’interface commerciale, nous voulons soutenir ceux qui ont observé la plus forte progression sur l’année 2021.

Pouvez-vous nous rappeler quelle est la mission du PAA ?
Le PAA, sous sa forme actuelle, n’a qu’un an et demi d’existence et nous souhaitons mettre son travail en exergue. Il occupe une place originale car il associe différents partenaires dont quatre chambres consulaires (1) qui travaillent ensemble. De plus, le PAA permet d’élargir le champ des possibles des circuits commerciaux, à côté de la vente directe et des circuits longs.

Le PAA est-il l’outil qu’il manquait ?
Nous avons inventé un nouvel outil. À ma connaissance il n’en existe pas d’autres comme tel en fonctionnement, qui associe toute la chaîne d’approvisionnement, de la production à la distribution, en coconstruisant le modèle avec les acteurs concernés et avec l’appui de la Chambre d’agriculture de l’Isère. C’est un outil nouveau et il faut que les agriculteurs s’en saisissent. Nous sommes là pour prendre des marchés, là où il y a une clientèle capable de valoriser ces productions à leur juste prix.

Que constat dressez-vous au bout d’un an et demi de fonctionnement ?
La marge de progression est au décuple. Nos objectifs étaient cette année de réaliser 150 000 euros de chiffre d’affaires dans les magasins de proximité de la métropole, 700 000 euros pour la GMS et 75 000 euros pour la vente de proximité dans les box, soit environ un million d’euros au total. Mais il faut que les agriculteurs s’inscrivent dans cette démarche, qu’ils confient leur production de façon plus massive, pour mettre des produits en face des marchés, des produits d’exceptions, mais avant tout, des produits de grande consommation, des fruits, des légumes, du fromage etc. Il nous faut encore plus que productions, il faut ramener les agriculteurs vers des bons plans, montrer que c’est possible, mais aussi avoir la marchandise et prendre un peu de risques. Nous avons de la peine à convaincre de faire de la nouveauté en productions végétales.

Propos recueillis par Isabelle Doucet

(1) Chambre d’agriculture de l’Isère, Chambre des métiers, CCI de Grenoble, CCI Nord-Isère.