Collectif
Une Cuma dédiée à la viticulture iséroise et savoyarde

Isabelle Brenguier
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Sept jeunes vignerons isérois et savoyards se sont regroupés au sein de la Cuma des Eboulis. Leur bonne entente est l'une des clés de réussite du fonctionnement de la structure. 

Une Cuma dédiée à la viticulture iséroise et savoyarde
La vendangeuse est l'un des matériel acheté en commun par les viticulteurs de la Cuma des Eboulis.

Ils sont sept vignerons à adhérer à la Cuma (Coopérative d'utilisation de matériel agricole) des Eboulis, entre Isère et Savoie. C'est aussi « une bande de copains ».

Ils ont presque tous le même âge. Ils sont presque tous allés à l'école ensemble.

Selon le président de la Cuma, Jean-Michel Reymond, viticulteur à Chapareillan, « c'est certainement un atout important pour le bon fonctionnement de la structure. On se connaît bien. On a l'habitude de travailler ensemble », indique-t-il.

Les viticulteurs ont créé leur Cuma en 2009. « C'était pour acheter un groupe d'embouteillage », se souvient Jean-Michel Reymond. « Au début, nous étions quatre. Puis au fil du temps, nous avons investi dans de nouveaux matériels et d'autres agriculteurs nous ont rejoint. Aujourd'hui, nous sommes sept. Quatre sont installés en Savoie, trois en Isère », explique le vigneron.

200 000 euros

Outre ce groupe d'embouteillage, la Cuma possède aussi une charrue pour travailler le sol, un tracteur et même une machine à vendanger.

Partager l'achat d'un matériel aussi important pour le bon déroulement d'une récolte aussi fragile que celle du raisin peut s'apparenter à un défi. Mais, pour les adhérents de la Cuma des Eboulis, cela fonctionne. Depuis quatre ans qu'ils ont réalisé cette acquisition, ils ont réussi à s'entendre et à s'organiser.

Leur secret ? « Il faut, dès le départ, établir des règles. Il faut que tout soit carré et que personne ne puisse dire qu'il n'était pas au courant. Pour l'utilisation spécifique de la machine à vendanger, c'est vrai qu'il faut faire des concessions. Mais nous essayons d'être équitables. Nous faisons en sorte que chaque viticulteur puisse vendanger un peu chaque jour. Certains sont plus du matin, d'autres plus du soir. Nous faisons le planning en fonction. Et puis, en fait, sur un mois de vendanges, il n'y a que les deux dernières semaines qui s'avèrent un peu plus compliqué quand nous devons tous récolter l'abyme et l'apremont. Pour les deux premières qui concernent des cépages plus précoces, c'est assez simple. Mais nous constatons que, quand c'est bien organisé, ça marche », explique Jean-Michel Reymond, également responsable du planning de la machine.

Et même cette année que les fortes températures contraignent les vignerons à cesser d'utiliser la machine l'après-midi, ils s'adaptent et commencent la journée de récolte à cinq heures.

La machine à vendanger est conduite par trois personnes. Sa facturation auprès des adhérents est faite à la minute. Achetée 200 000 euros, elle est amortie sur le long terme. Elle s'avère plus économique que l'emploi de main d'oeuvre et que le recours à un prestataire de service.

IB